20.02.2009
Tamouls, Jet d'eau et UBS
Presque toutes les têtes couronnées étaient là. Personne n’a manqué à l’appel. Un G8 d’urgence improvisé sur la Place des Nations sous les balcons de Ban Ki-moon, lui aussi de la partie. Obama, Sarko, Merkel, Berlo, James, papy Benoît, José faisaient acte de présence remarquée sur les pancartes des manifestants Tamouls, venus en nombre important (la police parle de 14 000 personnes) rendre hommage à un des leurs qui s’est immolé par le feu au même endroit, la semaine dernière. C’était l’occasion aussi de lancer un cri d’une seule voix contre le génocide que vit leur peuple au Sri Lanka. Les Tigres ont rugi de colère, ont brulé des drapeaux, et des affiches, ont scandé des slogans et chanté des hymnes pour la liberté de leur mouvement. Le tout sans débordement. Chapeau pour l’organisation !























http://planetephotos.bleublog.lematin.ch/archive/2009/02/...
Après 2 jours de disette et de privation, revoilà le Jet d’eau qui illumine avec splendeur la rade de Genève. Il est là et il n’a pas bougé d’un iota. Il n’a pas intérêt à quitter sa place. Il a une fière allure aujourd’hui et son jet continuel est imperturbable. Il faut s’approcher de prés pour recevoir quelques éclaboussures de son eau bénite par les cieux. Sa rampe de lancement est un endroit idéal pour la douche au Jet d’eau. Les touristes sont ravis, ils n’ont pas fait le voyage pour rien et certains genevois toqués comme moi sont au paradis. Je plane à une hauteur de 140 mètres et de mon monde là haut, je vois les gens tout petit.
Aujourd’hui il a commencé son spectacle à 11h38, trois minutes de retard sur son horaire habituel. Trois minutes d’angoisse et d’attente qui m’ont paru une éternité. J’ai commencé à douter : vais-je encore jeûner et dormir sans voir Venise…et mourir.













L’UBS, un cas indéfendable. Ah les banquiers de l’UBS, on va les supporter pendant un moment, après on va les trainer comme un boulet et enfin on les lâchera comme Swissair non sans avoir perdu, des milliards de francs et des milliers d’emplois. Le Courrier qui dit l’essentiel autrement voit encore juste.


Y'a quoi à se servir?
20:29 Publié dans Genève, Humour, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tamoul, suicide, jet d'eau, genève
15.02.2009
Suicide d’un Tamoul
Dans le dédale de l’information qui a secoué la suisse cette semaine un événement dramatique a attiré mon attention. L’immolation par le feu jeudi soir d’un homme d’origine Tamoul sur la place des Nations à Genève, adresse principale du siège de l’ONU en Europe. Un acte de désespoir pour condamner un conflit de plus qui s’éternise au Sri Lanka et qui fait des victimes civiles à ne plus en finir.
Mettre fin à sa vie d’une telle façon demande un courage indéniable. J’aimerais retracer par la fiction les derniers jours de cet homme en feu. Selon la lettre en anglais de 5 pages qu’il a laissée, il vient de Grande-Bretagne. C’est la seule certitude qu’on a en ce moment. Il a organisé son voyage, embrassé ses proches, écrit sa lettre, voyagé, peut être a rempli une fiche dans un hôtel local, passé à la Migros du quartier pour acheter le produit inflammable, choisir le bon moment et le bon endroit pour passer à l’acte, faire sa dernière prière, s’asperger et enfin mettre le feu à sa vie qui prend fin devant l’ONU. Sommairement résumée et de la même façon traitée par nos journaux. Un article pour annoncer le drame, un autre consacré à une manifestation en souvenir du suicidé et possible un troisième article pour parler de son identité quand les experts auront mis un nom et un prénom à son ADN.
Toute une vie consumée en quelques minutes par le feu pour dénoncer à des milliers de kilomètres un conflit fratricide sur un autre continent devant 3 passants et le siège (peut être vide vers 20h15) de l’organisation des Nations Désunies (ONU) et loin des projecteurs médiatiques. C’est son choix. Rendons lui un hommage post mortem en publiant un résumé de sa lettre. La balle est chez les médias. Et pourquoi ne pas ouvrir le débat sur ce conflit, qui ne fait pas la Une.
La photo de la victime publiée le 20 février 2009

Je ne sais pas si le Jet d’eau a fonctionné aujourd’hui. J’ai joué les prolongations dans les bras de Morphée et à mon réveil je n’ai pas aperçu mon Jet quotidien.
































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